Cinéma Pensées

Back to the 90’s : Le Monde de Charlie

10 janvier 2013

Ce film est un point de départ pour parler d’autres choses, je vous préviens !
En début de semaine je suis allée au cinéma… seule. Je m’y rends souvent seule car j’aime bien me faire ma propre opinion sur un film et ne pas être influencée par mon/mes voisin(s). Si je vois qu’untel s’ennuie, j’ai tendance à ressentir la même chose… Bref, je suis allée voir Le Monde de Charlie et j’étais entourée, entre autres, de deux autres filles seules et  de deux copines qui n’ont cessé de geindre pendant toute la durée du film — j’en parlerais plus tard.
Revenons au film en lui-même : Charlie, un garçon renfermé sur lui-même, rencontre un garçon et une fille dans son nouveau lycée, qui vont changer sa manière de voir les choses. Jusque là, scénario classique… et il le sera jusqu’à la fin. Mais ce n’est pas un défaut. Parfois le scénario peut être sublimé par la mise en scène et l’interprétation des personnages. Les dialogues sont assez clichés, surtout au début du film ; néanmoins, ils restent assez réels : on est tous passé par la période lycée et je pense ne pas trop m’avancer en disant qu’on a tous été plus au moins des clichés de nous-mêmes ! Personnellement, j’ai été à des soirées pour me bourrer la gueule entre potes, j’ai joué à action/vérité des dizaines de fois (bon, surtout au collège) et je voulais aussi être une rebelle en m’habillant en gothique. Et je pensais vraiment vivre les choses à fond. J’aimerais bien ressentir encore ça aujourd’hui : avoir l’impression d’être libre, ne pas faire attention aux conséquences à mes agissements… D’ailleurs, le morceau qu’ils écoutent dans la voiture, Heroes de David Bowie (comment se fait-il qu’ils ne le connaissent pas alors qu’il est sorti dans les années 70… bref.), résume bien la situation : quand on est adolescent, on a encore l’impression de pouvoir être le héro de sa propre vie. Aujuourd’hui, j’ai plutôt l’impression de subir les choses.
Ah les années 90… même si j’étais très jeune à l’époque, j’ai quand même écouté des cassettes audio. Je me rappelle, petite, lorsque j’enregistrais la radio quand j’entendais un morceau qui me plaisait sur Ouifm. Franchement, ça relevait du challenge ! Il fallait être prêt à appuyer sur la touche “REC” au bon moment afin de ne pas rater le début de la chanson. Du coup, il fallait reconnaître le morceau dès les premières notes ; mais aussi écouter la radio souvent pour tomber sur le morceau qu’on attendait depuis des jours. Et ouais, moi aussi je faisais des compils ! Je ne les offrais à personne après par contre. J’ai trouvé ça très mignon dans le film lorsqu’ils s’offraient des compils ! Ça m’a presque donné envie de faire pareil… mais non. Bref, dans les années 90, quand on entendait une chanson qui nous plaisait, on n’avait pas internet pour la chercher, et encore moins Shazam pour nous faire tout le travail ! Et on se lassait moins vite d’une chanson, je pense. Puis, on achetait encore des albums (on les avait donc en entier et pas seulement des morceaux par ci par là). Si je me concentre sur ma propre expérience, mon rapport à la musique est bien différent de celui que j’avais avant. Dès que je trouve un morceau sur Spotify, je l’écoute en boucle jusqu’à m’en lasser, et je passe rapidement à autre chose. Si bien que lorsqu’on me demande mes groupes préférés, j’ai du mal à répondre… Disons que j’ai surtout des chansons préférées.
En tout cas, je ne pensais pas que les années 90 me manqueraient un jour ! À l’époque, j’avais déjà le sentiment qu’on était tous ringard et que jamais, au grand jamais, on s’en souviendrait avec nostalgie !
Bon, je vais arrêter le couplet “c’était mieux avant” car je suis la première à critiquer ce genre de discours. Mais je vieillis, ça doit être ça. Je deviens aigri ! D’ailleurs en écrivant ces lignes, je suis en train de boire du thé dans une tasse avec une coupelle en dessous. Comme ma grand-mère. 
Ce qui m’a mis la puce à l’oreille — sur ma “vieillerie”— c’est lorsque les deux copines à côté ne cessaient de réagir sur le film et que ça me faisait rouler des yeux. En même temps, j’ai toujours été discrète au cinéma : je lève les yeux pour m’empêcher de verser une larme et j’esquisse un sourire alors qu’intérieurement, j’explose de rire (Oui, c’est difficile de se retenir.) Ces filles, en revanche, n’avaient absolument pas honte de révéler leur sentiment au grand jour ! Elles papottaient super fort, mangeaient du pop corn bruyamment… Lorsqu’il arrivait quelque chose aux protagonistes du film, elles ne pouvaient s’empêcher de réagir en parlant ; à coup de “Han… le pauvre !” ou “Je vais pleurer” ou encore “Han !! Le batard !!!”. Elles ont réussi, alors qu’elles n’étaient pas directement avec moi, à me faire changer d’idée sur le film en le rendant plus mielleux qu’il ne l’était. Franchement, le cinéma est tellement une expérience à part entière alors se voir détruire ce moment par deux pimbêches m’a un peu saoulé. Mais hé, ça m’est passé hein. Je suis rentrée à la maison et j’ai mangé cinq  gros chocolats de noël, merci encore à elles deux.

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